Le burn-out et ses causes spirituelles – la crise cachée des hauts performeurs

 בס"ד 




Pratiquement tout homme ou femme d’affaires affronte un ennemi qui ne montre les crocs que lorsqu’il est trop tard : le burn-out.
Dans le monde d’aujourd’hui, les grands performeurs sont célébrés pour leur dynamisme, leur efficacité et leur poursuite implacable des résultats. Pourtant, sous cette surface polie, beaucoup de ces individus s’effondrent en silence. Le burn-out n’est plus un problème marginal, c’est un phénomène systémique qui touche aussi bien les fondateurs, les PDG, les éducateurs que les leaders spirituels.

Quelque chose dont presque personne ne peut dire qu’il en est épargné.

N’est-ce pas ironique ?

Les qualités mêmes qui rendent quelqu’un exceptionnel portent souvent en elles les germes de sa chute : une sur-identification au travail, la suppression des émotions et l’absence d’un ancrage spirituel.

La psychologie moderne offre un langage utile pour décrire cet effondrement, mais la Kabbale propose quelque chose de plus profond : un diagnostic enraciné dans la structure de l’âme humaine.

Une personne peut fonctionner à un niveau maximal de production extérieure tout en étant presque totalement coupée de sa source intérieure. Ce n’est pas l’épuisement dû à l’effort qui provoque la crise, mais l’épuisement dû à la déconnexion.

C’est extrêmement subtil et trompeur. Et c’est presque toujours inévitable, car l’âme ne peut soutenir un travail incessant sans un sens suffisamment profond.

Cela est particulièrement vrai pour ceux qui occupent des positions de leadership. Lorsque toute l’énergie est déversée vers l’extérieur (c’est-à-dire dans les projets, la performance et les personnes) et que rien n’est renouvelé de l’intérieur, l’effondrement est inévitable. C’est ce que j’ai constaté chez nombre de mes clients.

En termes kabbalistiques, il s’agit d’une vie menée uniquement par le nefesh (le psychisme et la couche la plus externe de l’âme), sans puiser de force dans le rouach (la clarté émotionnelle) ni dans la neshamah (la conscience divine).

Et ce déséquilibre conduit inévitablement à la sécheresse, au désespoir et au dysfonctionnement.

Mais il y a un point positif dans tout cela.



Le système énergétique de l’âme — une perspective kabbalistique

Comme mentionné, la Kabbale enseigne que l’être humain n’est pas une machine mais une âme à plusieurs niveaux, composée de cinq degrés :

Nefesh
Rouach
Neshamah
Chayah
Yechidah.

Le nefesh fait fonctionner le corps. Il impulse l’action, la survie et la volonté d’accomplir. Le rouach gouverne la conscience émotionnelle et morale. La neshamah relie à l’intellect supérieur et au but divin. Lorsque la performance n’est alimentée que par le nefesh, le leadership devient mécanique. Il peut y avoir de l’élan, mais pas de sens. Et des sentiments négatifs de « se sentir piégé » et de « se perdre soi-même » commencent à se manifester. Les deux derniers niveaux (Chayah et Yechidah) sont rarement, voire jamais, ressentis, nous ne nous y attarderons donc pas.

Le nefesh se renforce par la discipline et la structure. Le rouach a besoin de prière, d’étude et d’une expression émotionnelle honnête. La neshamah ne s’active que par l’alignement avec la vérité et un but supérieur. Lorsque l’on néglige ces niveaux supérieurs, même des réalisations impressionnantes deviennent spirituellement creuses et manquent de vitalité.

Les dirigeants qui construisent sans puiser dans les mondes intérieurs verront leur énergie s’épuiser, leur clarté s’obscurcir et leur sens de la mission se brouiller. La véritable durabilité (physique, émotionnelle et spirituelle) exige de nourrir l’âme à tous les niveaux, et pas seulement de pousser le corps à produire.


Netzach vs Hod — le conflit intérieur à l’origine du burn-out

À la racine de nombreux cas de burn-out se trouve un déséquilibre entre deux forces fondamentales, telles qu’elles sont représentées dans le diagramme de l’Arbre de Vie : Netzach et Hod.

Netzach est l’élan qui pousse à avancer, à gagner, à persévérer. Hod est la force de l’humilité, de l’abandon et de l’harmonie. Le leader qui réussit vit souvent dans Netzach : orienté vers les objectifs, compétitif, directif. Mais lorsque Netzach domine sans contrôle, il devient une force sans équilibre. L’énergie se transforme en tension et les victoires deviennent isolantes.

C’est pourquoi Hod est nécessaire pour restaurer la conscience de sa dépendance à Dieu et aux autres. On réussit rarement entièrement seul. Savoir tirer parti des forces des autres est vital dans toute entreprise. Sans Hod, Netzach mène à l’arrogance spirituelle et à la rigidité émotionnelle, deux précurseurs de l’effondrement. Hod ancre l’ambition dans la vérité et la crainte révérencielle. Il adoucit l’ego et restaure la perspective.

Ainsi, sur cette base, on peut dire que le burn-out survient souvent non pas à cause d’un excès de travail, mais à cause d’un excès d’ego dans le travail. Le refus de faire une pause, de demander de l’aide ou d’admettre sa vulnérabilité n’est pas une force, mais une distorsion de Netzach. La véritable endurance dans le leadership naît de la danse entre Netzach et Hod : la capacité de pousser avec force et de s’arrêter avec humilité. L’un sans l’autre conduit au déséquilibre. Ensemble, ils créent le flux.

Il ne devrait pas nous surprendre que Netzach et Hod soient appelés « les deux jambes » de l’âme : les deux sont nécessaires pour avancer.

Un leadership durable exige un travail intérieur

Le leadership, dans le sens kabbalistique, ne concerne pas seulement la production, mais l’alignement. Nous apprenons dans Shaarei Kedusha (Les Portes de la Sainteté) et Shaar HaGilgulim (Les Portes des Réincarnations) que chaque âme possède une racine unique (shoresh haneshamah), et lorsque quelqu’un agit d’une manière déconnectée de cette racine, il s’épuise spirituellement.

Cela ne concerne pas uniquement les mitzvot par opposition à la faute. Même de bonnes actions, lorsqu’elles sont désalignées du chemin intérieur d’une personne, peuvent devenir des sources d’épuisement plutôt que d’inspiration.

Pour éviter cela, le travail intérieur n’est pas simplement optionnel, il est absolument essentiel. Des pratiques comme la hitbodedout (réflexion personnelle et solitude), l’étude de la Torah avec une pertinence personnelle, et le réajustement des intentions par un examen quotidien ou hebdomadaire ne sont pas des luxes. Ce sont les outils qui rechargent l’âme.

Le Chabbat, en particulier, n’est pas seulement un repos, c’est un retour (de la même racine que le mot Téchouva). Le Zohar appelle le Chabbat « me’eyn alma d’atei » — un avant-goût du monde à venir. Il offre aux leaders une opportunité hebdomadaire de réaligner leurs actions avec leur essence.

Trop souvent, les hommes et femmes d’affaires cherchent le renouveau en changeant les éléments extérieurs : nouvelles stratégies, nouveaux objectifs, voire nouveaux projets, alors que le véritable changement doit se produire à l’intérieur. Une remise à zéro hebdomadaire, un cheshbon nefesh mensuel (bilan de l’âme), ou un simple engagement à étudier pour le bien de l’âme peuvent tout transformer.

Sans ces rythmes internes, même les meilleurs systèmes finiront par s’effondrer.

La voie à suivre — aligner le but avec l’âme

Comme nous l’avons vu, le burn-out ne peut pas être résolu en travaillant moins si le travail lui-même est désaligné avec l’âme. La voie à suivre n’est pas d’abandonner le leadership, mais de revenir à sa source.

Nous apprenons dans les sources hassidiques que chaque action passe du koach (potentiel) au po’el (manifestation). Lorsqu’un leader agit depuis un lieu profond de koach haneshamah (la puissance de l’âme), ses actions portent une force bien au-delà de l’effort. Lorsque cette source est oubliée, même un grand effort produit peu de fruits.

Comme la plupart des gens en sont déjà conscients, le véritable leadership consiste à canaliser, non à forcer. Un leader qui dirige avec sa neshamah se sent énergisé par son travail, non épuisé par celui-ci.

Il peut se fatiguer physiquement, mais pas spirituellement.

Comme le dit Kohelet (7:12) : « והחכמה תחיה את בעליה » — « La sagesse fait vivre celui qui la possède ». La sagesse, dans le sens kabbalistique, n’est pas une habileté intellectuelle, mais un alignement profond avec la vérité et les niveaux supérieurs de l’âme.

Le modèle kabbalistique ne dit pas aux leaders de se réduire. Il leur dit de s’enraciner plus profondément, de diriger avec plus de puissance et de construire à partir d’un lieu connecté en Haut. Lorsque ce changement s’opère, le leadership devient non seulement efficace, mais durable, élevé et pérenne.

Conclusion : diriger de l’intérieur ou risquer de tout perdre

Le burn-out n’est pas un échec de l’endurance. C’est le symptôme d’un désalignement spirituel.

Il existe un système pour comprendre les mécanismes intérieurs de l’âme et la manière dont le leadership doit être construit de l’intérieur pour durer à l’extérieur.

Un leadership durable ne consiste pas à ralentir. Il consiste à revenir à la source. Dans un monde qui exige toujours plus, le leader ancré dans la sagesse kabbalistique sait que la véritable force vient de l’intérieur, de l’âme, de la vérité et de Dieu.


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