Briser les schémas de pensée négatifs et reconstruire les ruines de l’esprit
בס"ד
Briser les schémas de pensée négatifs et reconstruire les ruines de l’esprit
Chaque personne, à un moment donné de sa vie, fait face à des ruines mentales et émotionnelles qui deviennent des schémas de pensée négatifs.
Nous avons exploré la méthode One Brain dans un article précédent, il vaut la peine de le consulter auparavant.
Les schémas de pensée négatifs sont les restes d’échecs passés, de confusion spirituelle, de blocages émotionnels et d’habitudes profondément ancrées qui semblent impossibles à briser. Dans le langage de la Kabbale, cela correspond au concept de Shevirat HaKelim, la brisure des vases qui s’est produite aux premiers stades de la création (les Séfirot primordiales du monde de Nekoudim).
De la même manière que le monde a été construit à partir d’un point de départ brisé, l’esprit humain commence souvent son travail à partir des décombres des expériences passées.
Mais au sein des ruines se trouvent des étincelles qui attendent d’être rachetées. Reconstruire l’esprit n’est pas simplement un processus psychologique, mais un acte spirituel, enraciné dans la mission de l’âme d’élever ce que Hachem nous a donné tout au long de notre vie.
Le processus d’arrachage des schémas négatifs est lié au travail du birour (« tri » des étincelles). Avec les bons outils issus de sources juives authentiques, une personne peut passer du chaos intérieur à la clarté, de la confusion à un but dirigé. Essentiellement, cela signifie faire descendre les 9 Séfirot manquantes du Nom Ba”N (=52) et les 10 nouvelles Séfirot du Nom Ma”H (=45) vers les Partsoufim concernés auxquels elles font défaut.
1. Reconnaître les ruines : où commencent les schémas de pensée négatifs ?
Avant qu’une personne puisse commencer à reconstruire, elle doit d’abord reconnaître ce qui est brisé. Dans chaque séance où j’utilise la méthode One Brain, nous parlons de ce qui dérange le plus le patient. Le problème est que les schémas de pensée négatifs sont souvent si profondément enracinés qu’ils ressemblent à des traits de personnalité. Ils sont souvent ressentis comme « justifiés » et « justes », parfois même comme une « Mitsva ».
En vérité, ce sont des couches de dissimulation spirituelle. L’Arizal enseigne que chaque âme descend avec un tikkoun spécifique, une mission qui met souvent la personne en contact avec des faiblesses particulières intégrées dans son corps énergétique. Ces faiblesses ne sont pas aléatoires. Elles sont enracinées dans les 7 Séfirot inférieures qui sont tombées et qui ont besoin de Mokhin pour être rectifiées.
Dans de nombreux cas, les schémas de pensée négatifs proviennent de résidus spirituels (issus de gilgoulim, réincarnations), de traumatismes, d’habitudes générationnelles transmises, ou de pensées fautives qui n’ont jamais été corrigées. La bonne nouvelle est qu’avec un travail énergétique approprié et parfois la Teshouva, il est possible de s’en libérer.
De plus, Rav ‘Haïm Vital explique que ces schémas créent un blocage spirituel, connu sous le nom de timtoum ha’lev ou timtoum ha’moa’h, un engourdissement du cœur et de l’esprit. Cet engourdissement pousse la personne à vivre de manière réactive, retombant dans les mêmes cycles encore et encore, sans clarté ni intention.
Reconnaître ces ruines est le premier acte de vérité intérieure, d’humilité et, bien sûr, de guérison.
2. Outils kabbalistiques pour déraciner les schémas
La Torah ne nous laisse pas démunis.
Les enseignements de l’Arizal, du Rashash (Rav Shalom Sharabi) et d’autres maîtres nous donnent des outils précis pour réparer ce qui est brisé. L’un des principaux chemins passe par l’intention concentrée lors des mitsvot quotidiennes. Par exemple, dire le Shema Israël avec une kavana complète (concentration consciente) n’est pas qu’un rituel. C’est une réinitialisation spirituelle qui nous ancre dans l’Emouna et le Bittoul (l’annulation) devant Dieu. Sans oublier que lorsqu’il est récité par les hommes le soir avant de dormir, il détruit également les mazikim (anges nuisibles) causés par l’émission séminale.
Un autre outil puissant est l’utilisation des yi’houdim (unifications sacrées), où des Noms spécifiques de Hachem sont médités afin de reconnecter les parties fragmentées de l’âme. Ce ne sont pas des idées mystiques vagues. Ce sont des techniques pratiques qui, lorsqu’elles sont correctement apprises, commencent à enlever les anciennes couches et à laisser entrer une nouvelle clarté.
Même des actes simples comme la nétilat yadayim le matin ou le fait de dire Modé Ani avec intention peuvent commencer à inverser des années de stagnation mentale. Reconstruire l’esprit commence par honorer de petits actes de discipline spirituelle, accomplis avec une présence profonde. Je réalise que c’est difficile juste après le réveil, mais cela s’accumule néanmoins.
Une intention simple qu’une personne peut utiliser est d’imaginer le schéma de pensée la quitter (comme une tache, par exemple) et disparaître complètement. Cela demande du temps et de la pratique, car bien souvent on peut croire que le schéma est parti alors qu’en réalité ce n’est pas le cas, ou du moins pas entièrement.
Une autre technique très populaire consiste à faire preuve de compassion envers notre enfant intérieur. Plus les émotions sont fortes, surtout lorsqu’elles sont associées à la visualisation, plus cela devient puissant.
3. Le rôle de la Da’at : conscience et choix
Nous avons vu dans de nombreux articles et webinaires que la Da’at n’est pas simplement le savoir.
En Kabbale, c’est le canal qui relie l’intellect à l’émotion, permettant à la compréhension supérieure de se déverser dans l’expérience vécue. Sans Da’at, même les concepts les plus saints restent théoriques. Lorsqu’une personne renforce sa Da’at, elle commence à voir la racine de son comportement avec une clarté honnête et à faire des changements délibérés plutôt que d’agir par impulsion.
Le Zohar enseigne que la Da’at est « l’âme de toutes les Séfirot inférieures ». C’est le pouvoir de choisir sur quoi se concentrer, quoi intérioriser et quoi rejeter. Renforcer la Da’at implique de garder ses pensées, de filtrer les images mentales nuisibles et de les remplacer idéalement par des paroles de vérité et de fréquence vibratoire plus élevée.
Lorsque nous activons ce pouvoir, nous commençons à vivre avec conscience, et cette conscience est la première étape pour briser le cycle de l’habitude en introduisant la présence et la responsabilité dans chaque décision. Une manière d’y parvenir est de se concentrer sur le point Yin Tang, également connu comme le « Troisième Œil ». C’est le centre de la Da’at et, dans un monde idéal, nous aurions ce point activé toute la journée.
4. La rencontre entre la guérison traditionnelle et le travail intérieur
Alors que les outils spirituels de la Torah réparent l’âme, le corps porte également l’empreinte des schémas mentaux. La Médecine Traditionnelle Chinoise (MTC), bien qu’elle ne fasse pas partie de la tradition juive, offre des perspectives pratiques qui s’alignent parfaitement avec la pensée kabbalistique.
La MTC identifie les organes non seulement comme des systèmes physiques mais aussi comme des centres émotionnels. Par exemple, le foie contient la colère et la frustration, les poumons contiennent le chagrin. Ces enseignements font écho à ce que Rabbi ‘Haïm Vital a enseigné dans son ouvrage Shaarei Kedousha, concernant la corrélation entre les déficiences spirituelles et les maladies physiques. Il explique que les transgressions peuvent provoquer des atteintes spirituelles qui, à leur tour, peuvent se manifester physiquement dans le corps.
Le Baal Chem Tov, tel que rapporté dans Keter Chem Tov, souligne également que les émotions négatives et les désalignements spirituels peuvent affecter la santé physique. Il enseigne que la joie et la clarté spirituelle sont essentielles au maintien du bien-être spirituel et physique.
En combinant des pratiques somatiques, telles que l’acupression, les techniques de respiration ou le mouvement conscient, avec une intention enracinée dans la Torah, une personne peut commencer à libérer non seulement les tensions mentales mais aussi l’énergie émotionnelle stockée. Ces outils aident à remettre en circulation ce que la Kabbale appelle le koach hanefesh (énergie vitale de l’âme). Le résultat n’est pas seulement une prise de conscience, mais un changement physique vers le calme, l’ordre et la résilience.
5. De la ruine au renouveau : devenir un nouveau récipient
La dernière étape pour déraciner les schémas négatifs ne consiste pas seulement à éviter le passé, mais à construire une nouvelle structure intérieure qui l’intègre, amenant ainsi la personne d’un « état de non-choix à un état de choix ». Même si vous avez besoin d’un travail pour des raisons financières, ce sera parce que vous l’aurez choisi, et non parce que vous y êtes contraint.
Le Rambam enseigne que la véritable Teshouva se produit lorsqu’une personne fait face à la même épreuve et choisit différemment. Cela ne signifie pas se placer volontairement dans une situation dangereuse de faute, mais plutôt que si elle s’y retrouvait, elle choisirait autrement. C’est la création d’un nouveau récipient. Celui qui agit ainsi n’est plus défini par ses échecs passés, mais devient un bâtisseur de sainteté intérieure.
D’un point de vue kabbalistique, cela s’appelle devenir des kelim ‘hadashim, de nouveaux contenants pour la lumière divine. Cela exige de la constance, des limites et un nouveau rythme de vie. Établir des temps fixes pour l’étude de la Torah, choisir des environnements élévateurs et limiter l’accès aux distractions façonnent progressivement le nouvel esprit. Avec le temps, les ruines deviennent des fondations.
Ce qui était autrefois un cycle de destruction devient un schéma de croissance.
Conclusion
L’esprit peut tomber en ruine à cause des schémas de pensée négatifs, mais il peut aussi être reconstruit avec sainteté, ordre et force. Déraciner ces schémas de pensée n’est pas un concept moderne. C’est le travail ancien et sacré de raffinement de l’âme.
La Da’at est le commencement, et grâce à des outils pratiques, à l’alignement spirituel et à une guérison incarnée, une personne se transforme et peut rayonner la bénédiction.
Le chemin peut être caché au monde, mais il est consigné en Haut, avec chaque petit acte de réparation.
En fin de compte, c’est pour cela que nous avons été créés : élever les étincelles enfouies en nous et construire des récipients capables de contenir la lumière de Hachem dans la pensée, la parole et l’action.
Puissions-nous tous le mériter.




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