Le Mishkeney Elyon du Ramchal (Partie 2) – Aperçus fascinants du Saint Temple

בס"ד 

Le Mishkeney Elyon du Ramchal (Partie 2) – Aperçus fascinants du Saint Temple

« Il est un fleuve dont les courants réjouissent la cité de Dieu, le lieu saint des demeures du Très-Haut (Mishkeney Elyon) » (Psaumes 46:5)

« Rabbi Yochanan a dit : Le Saint, béni soit-Il, a déclaré : “Je n’entrerai pas dans la Jérusalem céleste avant d’entrer dans la Jérusalem terrestre.” Existe-t-il donc une Jérusalem céleste ? Oui, comme il est écrit : “Jérusalem est bâtie comme une ville qui lui est unie ensemble” » (Taanit 5a)

Introduction Dans Mishkeney Elyon, Rabbi Moché Haïm Luzzatto (le saint Ramchal) ouvre une porte sur les secrets du Saint Temple céleste. Il commence en nous exposant son intention :

« Le but de ce traité est d’explorer le Temple céleste dont ont parlé nos sages, d’en dévoiler la forme et la structure dans chaque détail, et de révéler comment chaque mesure et chaque plan du Temple terrestre reflète son pendant céleste.

Il se tourne ensuite vers le lecteur avec un appel personnel :

Et toi, cher lecteur, rassemble toutes les forces de ton esprit. Porte ici toute ton attention, car je t’enseignerai une sagesse étonnante dont rien de semblable n’est encore parvenu à tes oreilles. Par elle tu apprendras comment le Roi au-dessus de tous les rois veille sur Ses créatures et dirige Son monde avec un ordre parfait. Il a établi cet ordre afin que le monde repose sur un fondement solide, mené à son accomplissement dans la vérité et la fidélité. »

– Ramchal, Mishkeney Elyon, Introduction

Et pourtant, le Ramchal est le premier à reconnaître combien ces idées dépassent la pensée ordinaire :

« Ces sujets dépassent de loin la portée de la pensée mortelle. Aucun homme n’a jamais pénétré pleinement la sagesse du Créateur ni parcouru jusqu’au bout le chemin de la vérité pour comprendre les œuvres de Dieu. Mais maintenant je placerai ces choses devant toi dans un seul ouvrage introductif, global, qui ouvrira tes yeux sur la conduite du monde et sur la manière dont Dieu pourvoit à chaque créature sa subsistance quotidienne, chacune en son temps fixé.

Elyon La Pierre de Fondation de la Création

 L’univers entier, dit le Ramchal, provient d’une source spirituelle unifiée :

Lorsque le Créateur voulut faire exister ce monde, Il rassembla tout en dix grandes lumières, les dix Sefirot, d’où sortit toute espèce de créature, comme des branches se déployant du tronc d’un arbre. Il n’existe rien dans toute l’existence qui n’ait sa place assignée dans le Char suprême. »

Ce « Char suprême » (Merkavah Elyonah) est la structure divine par laquelle toute existence est canalisée et maintenue. Chaque être créé, spirituel ou physique, est une branche enracinée dans ce système supérieur. Et le Temple terrestre n’est pas seulement symbolique de ces réalités. Il en est l’expression matérielle : l’endroit où l’ordre intérieur de la création devient visible et accessible.

La Shekhina et le fondement de la création La dixième et dernière des lumières suprêmes, Malkhout, est connue comme la Shekhina, la Présence résidante. Par la Shekhina tous les êtres créés sont enracinés. Bien que chaque créature trace sa racine spirituelle vers les Sefirot supérieures, chacune possède aussi un lien direct avec la Shekhina, qui est donc appelée « la mère des enfants ». Toute existence émerge de ses mains.

Il existe un lieu désigné où toutes ces racines convergent : le Temple céleste. Il est le nœud central de toutes les réalités créées, qu’elles soient enracinées dans la Shekhina ou dans les lumières supérieures. Les racines de tout s’y trouvent : la terre et tout ce qu’elle contient, les cieux et leurs armées, toutes les entités spirituelles et matérielles sans exception.

Au centre même de cet endroit se tient une pierre unique, rayonnante au-delà de toute comparaison. C’est l’Even Shetiyah, la Pierre de Fondation. Située dans le Saint des Saints du Temple céleste, elle est le point d’ancrage de toute l’existence, contenant une beauté parfaite et un charme divin. Une Pierre de Fondation correspondante existe dans le Saint des Saints physique de ce monde.

Le Réseau suprême de canaux De cette pierre centrale s’écoulent d’innombrables canaux et voies qui s’étendent dans toute la création. Ils commencent comme de grandes routes, gouvernant l’ordre spirituel de chaque catégorie d’être. Chaque ordre de création suit son chemin avec conscience intérieure, recevant sa subsistance directement du Roi.

De ces grandes routes se ramifient d’innombrables chemins plus petits : les lignes-racines individuelles de chaque être, grand ou petit. Chacun possède sa route unique. Tous proviennent du même point central, la pierre au milieu du Temple céleste, d’où le Créateur les observe tous d’un regard unifié.

« Il façonne leurs cœurs ensemble, Il comprend toutes leurs œuvres. » Psaumes 33:15

Ce point central, la Pierre de Fondation, est le cœur battant de l’univers : la source et le point de convergence de toute vie, ordre et conscience divine.

La Terre d’Israël et le plan du monde Autour de la pierre s’étend un vaste chemin, comparé à un pays de cités majestueuses d’une beauté inégalée, imprégné de l’éclat de la Shekhina. En raison de sa sainteté, il rayonne dans le monde inférieur sous la forme de la Terre d’Israël, la terre que Dieu observe avec un soin particulier.

En dehors de cette terre centrale s’étendent de nombreux autres chemins : certains inclinant vers la droite (Hessed, bonté), d’autres vers la gauche (Din, jugement). Ceux-ci donnèrent naissance à toutes les autres terres du monde. Chacune est supervisée par un puissant ministre spirituel (Sar) nommé sur l’une des soixante-dix nations.

Dans l’ordre originel de la création, ces terres étaient destinées à être pures, tout comme la Terre d’Israël est sainte. Mais lorsque l’humanité se corrompit, l’impureté prit racine. Les ministres eux-mêmes furent entraînés dans la corruption, et les terres sous leur charge suivirent. Ce n’est que dans l’avenir, lorsque le monde sera rectifié, que toutes les terres seront restaurées à la pureté, bien que jamais au même degré que la terre donnée éternellement à Israël.

« Saisis cet enseignement, car ici je révèle des secrets d’une profondeur immense, enracinés dans la sagesse la plus intérieure. »

Construire la Maison par l’unité Lorsque la Shekhina fut complète dans sa lumière et son équilibre, un lieu des plus impressionnants apparut : le Saint des Saints du Temple céleste. C’est le Lieu du Grand Désir, la source de paix et d’amour. Il est caché et scellé. Seul le Roi peut y entrer. Il contient en lui la plénitude de l’éclat et de la perfection.

De ce sanctuaire intérieur émana le reste du Temple céleste, et en lui repose la Pierre de Fondation. Deux niveaux apparurent ainsi :

La chambre intérieure cachée, contenant l’éclat complet de Malkhout. La structure élargie, le reste du Temple, qui contient les sources de tous les êtres créés. Lorsque la lumière de Malkhout fut unie avec le Mélekh (le Roi), un état de paix profonde (Menouha) apparut. De cette harmonie naquit le plan complet de la Maison : toutes ses cours, chambres, dimensions et fonctions. Chaque partie correspond à des forces et lumières spirituelles spécifiques.

De cette Maison s’étendent les routes de la création, portant des noms divins remplis de puissance. Les chemins ramifiés, les racines uniques des êtres individuels, sont cachés sous elles. Dans la Maison, seules les routes portent des noms. À l’extérieur, chaque chemin acquiert sa propre identité.

C’est pourquoi le Temple est appelé Menouha, car il est né de la tranquillité et de l’union. Et une fois construit, il ne fut plus jamais dissimulé.

« Cette Maison sacrée vint à l’existence avant le monde lui-même. Car c’est de cette Maison que chaque être créé tire sa force et sa subsistance. »

– Ramchal, Mishkeney Elyon

Lorsque la bénédiction s’écoule du Roi vers la Maison, ses cours et ses chambres se remplissent de puissance et de force. Chaque être en reçoit selon son niveau.

Le Flux incessant de la subsistance divine Le flux de bénédiction et de subsistance vers le Temple céleste n’a jamais cessé. Il ne peut pas cesser. S’il était interrompu ne serait-ce qu’un instant, tous les êtres créés cesseraient immédiatement d’exister.

« Le Roi ne détourne pas Son regard de Son palais, pas même un instant. »

– Ramchal, Mishkeney Elyon

On pourrait soutenir que seuls les niveaux spirituels supérieurs, Abba (Sagesse) et Imma (Compréhension), sont toujours unis, tandis que les niveaux inférieurs, Zeir Anpin et Noukva, peuvent être séparés. À cela le Ramchal répond vivement :

« Tu n’as pas atteint les profondeurs de cette sagesse, et tu n’en as pas découvert les racines. »

– Ramchal, Mishkeney Elyon

Union vs. Connexion : Deux modes de relation divine Le Ramchal établit une distinction précise entre deux modes de relation dans les mondes spirituels : Hibbour (connexion) et Zivoug (union).

Hibbour est une relation où deux lumières se font face et brillent l’une vers l’autre depuis leurs places respectives, tout en restant distantes. Plus la lumière s’éloigne de sa source, plus elle s’affaiblit. Bien qu’il n’y ait pas de rupture réelle entre ces lumières, les sages appellent métaphoriquement cela Piroud (séparation), semblable à « déraciner les plantes », la coupure de la vie de sa racine.

Zivoug, au contraire, est une union complète. Les lumières se rapprochent, s’embrassent et fusionnent. Lorsqu’elles s’unissent, leur beauté et leur éclat sont saisissants. Comme un feu sacré, elles flambent dans une convergence passionnée. Leur énergie unifiée envoie des ondes de joie et de puissance à travers tous les mondes, remontant vers l’Infini (Ein Sof) et faisant jaillir en retour d’abondantes bénédictions.

Dans les plans spirituels supérieurs, les trois lumières les plus élevées évoquées dans le Tétragramme (la pointe du Youd représentant Keter, le Youd représentant Hokhmah, et le Hé représentant Binah), il n’y a aucune séparation. Elles sont liées pour toujours dans une unité parfaite et indestructible.

Dans les mondes inférieurs, cependant, une séparation peut se produire, non dans l’essence mais dans la connexion, en raison des péchés de l’humanité. Le Youd peut se séparer du Hé, le Hé du Vav, et ainsi de suite. Ces ruptures signifient une déconnexion spirituelle, et elles se manifestent comme désordre et destruction dans le monde physique.

Zivoug et le Troisième Temple Le véritable Zivoug, l’union spirituelle complète, est absent du monde inférieur jusqu’à ce que le Temple soit reconstruit et que les lumières soient rectifiées. Tel est le sens profond de l’enseignement talmudique :

« Le Saint, béni soit-Il, a dit : Je n’entrerai pas dans la Jérusalem céleste avant d’entrer dans la Jérusalem terrestre. » Taanit 5a

Tant que la Jérusalem terrestre n’est pas réparée et exaltée, redevenant la louange de toute la terre, le Roi ne se révélera pas pleinement, même dans la Jérusalem céleste. Mais à mesure que les lumières seront réparées et se rapprocheront de leur harmonie originelle, leur puissance augmentera, et le flux complet de vitalité divine reprendra. Ce processus culminera avec la construction du Saint Temple dans ce monde.

Cependant, lorsque les dommages spirituels causés par le péché deviennent trop grands, la force unificatrice du Zivoug est perturbée. Le Temple terrestre, n’étant plus aligné avec sa racine, est détruit.

Le Temple céleste ne cesse jamais Malgré la destruction du Temple terrestre, le Temple céleste n’a jamais cessé d’exister. S’il venait à être annulé, l’univers lui-même s’effondrerait instantanément.

Son éclat originel s’est toutefois atténué. La joie et la présence rayonnante qu’il dégageait autrefois, la gloire de la demeure du Roi, ne sont plus pleinement manifestées. Pourtant cet état n’est pas définitif. Lorsque le monde sera purifié et les méchants éliminés, tout reviendra à son ordre originel. La lumière brillera plus intensément que jamais, et le flux de bénédiction divine jaillira avec une abondance renouvelée.

« La splendeur de cette dernière Maison surpassera celle des premières. » (cf. Aggée 2:9)

Pour cette raison, le Temple sera reconstruit dans le monde inférieur. Et lorsqu’il le sera, sa splendeur dépassera celle du Premier et du Second Temple.

Le Temple comme plan cosmique Ayant posé les bases, le Ramchal se tourne vers l’architecture du Temple : non seulement sa disposition physique, mais sa structure spirituelle et sa conception métaphysique.

« Je vais maintenant exposer le plan du Temple en détail, section par section, coin par coin. »

Mais d’abord, il établit un principe crucial :

« Toute la forme du Temple repose sur un grand secret qui se tient au sommet même de toute l’existence. »

Ce secret concerne l’union sublime de Tiferet et Malkhout, les aspects masculin et féminin du Divin, qui produisirent un état de Menouha (tranquillité) complète. De cette union émergea la forme du Temple : le Sanctuaire (Heikhal), ses chambres intérieures et les bâtiments environnants. Tous servent de stations d’où les serviteurs du Roi, célestes et terrestres, reçoivent leurs parts spirituelles en parfait ordre.

Trois sphères de création reflétées dans le Temple Le Temple est divisé en trois zones principales, chacune correspondant à un ordre différent d’êtres créés. Ces zones se déploient vers l’extérieur depuis la grande Even Shetiyah (Pierre de Fondation) au centre du Temple céleste.

Le Sanctuaire principal (Heikhal), comprenant le Saint des Saints (Devir) et le Vestibule (Oulam) : la section la plus intérieure. Elle correspond aux âmes des Enfants d’Israël, « la semence sainte, un peuple unique sur la terre. » Les Cours, supérieure et inférieure : elles représentent le domaine des anges, êtres célestes stationnés pour accomplir le service du Roi. La Cour supérieure (intérieure) est plus proche de la Présence divine ; la Cour inférieure (extérieure) l’entoure. Le Mont du Temple et les zones extérieures : cette vaste zone correspond aux créatures physiques de ce monde, des plus grandes aux plus petites, toutes incluses sans exception. Ce sont les créations extérieures, liées au Divin par les portails inférieurs de sainteté. Chaque domaine reçoit sa subsistance par les canaux précis et ordonnés décrits plus haut. Rien n’est déplacé. Chaque âme, ange et créature reçoit sa part de la Maison du Roi, chacun selon sa racine et sa capacité spirituelle.

Le Temple et les Quatre Mondes Il existe une dimension plus profonde à l’architecture du Temple : sa correspondance avec les quatre mondes spirituels, Atsilout (Émanation), Beriah (Création), Yetsirah (Formation) et Assiyah (Action).

Le Ramchal commence par une clarification essentielle :

« Sache que les anges ont besoin de deux sortes de subsistance : l’une pour soutenir leur propre être, et l’autre pour transmettre aux créatures placées sous leur charge. Car s’ils ne recevaient rien, que pourraient-ils donner ? »

Cette double fonction des anges reflète leur rôle d’intermédiaires entre la source divine et les mondes inférieurs. Leur subsistance, comme toute abondance spirituelle, s’écoule du Temple par des canaux précis et ordonnés.

Bien que le Temple soit souvent décrit comme ayant trois zones principales, le Ramchal révèle qu’il est en réalité divisé en quatre niveaux distincts :

Le Heikhal (bâtiment du Sanctuaire) : comprenant le Saint des Saints (Devir) et le Oulam (Vestibule). Il correspond au monde d’Atsilout, le lieu de la lumière divine pure et des âmes d’Israël. La Cour supérieure : domaine des grands chefs angéliques. Elle correspond à Beriah, le monde de la création spirituelle pure. La Cour inférieure : domaine des armées angéliques. Elle correspond à Yetsirah, le monde de la formation. Le Mont du Temple : zone la plus extérieure, correspondant à Assiyah, le monde de l’action physique : domaine des êtres créés dans ce monde. Ces quatre zones forment une hiérarchie spirituelle complète enracinée dans le dessein intérieur même de la Création.

La division intérieure du Sanctuaire Même au sein du Heikhal lui-même il existe une division. Le Saint des Saints (Devir) représente la dimension la plus cachée et la plus sublime de toutes : Keter (Couronne), symbolisée par la pointe du Youd. Cette Couronne est à jamais unie au Youd, représentant Hokhmah (Sagesse), et demeure immobile et inséparée.

Ce sanctuaire intérieur, le Lieu de l’Arche, est le point de concentration spirituelle le plus élevé. De là émanent les canaux qui animent tous les niveaux de l’existence.

Les Quatre expansions du Nom divin La puissance spirituelle de chaque zone du Temple est ancrée dans les noms sacrés de Dieu. Ces domaines correspondent aux quatre « expansions » (Miluim) du Tétragramme, le Nom ineffable à quatre lettres de Dieu (Y-H-V-H), épelé sous des formes progressivement plus révélées :

72 (Ab) : י-ו-ד ה-י ו-י-ו ה-י – lettres remplies de Youd 63 (Sag) : י-ו-ד ה-י ו-א-ו ה-י – Vav rempli d’Aleph 45 (Mah) : י-ו-ד ה-א ו-א-ו ה-א – lettres remplies d’Aleph 52 (Ben) : י-ו-ד ה-ה ו-ו ה-ה – Hé rempli de Hé Ces quatre expansions sont le fondement de toute manifestation divine. Le Ramchal écrit :

« Ces domaines portent les Noms les plus exaltés et les plus choisis de tous. Ce sont les Noms englobants, devant lesquels tous les autres noms puissants et redoutables se retirent comme s’ils n’avaient jamais existé. Toute l’existence, du début à la fin, est liée à eux. »

Chaque domaine spirituel du Temple est gouverné par l’une de ces quatre expansions. Tous les autres noms et forces opèrent sous eux et ne peuvent s’exprimer en présence de ces racines originelles.

Le secret des Deux commencements (Be-Reishit) Nous arrivons maintenant à un tournant dans Mishkeney Elyon. Le Ramchal passe de la description de la structure métaphysique du Temple à la révélation de la raison pour laquelle le Temple futur doit être fondamentalement différent de ceux qui l’ont précédé :

« Je vais maintenant t’expliquer pourquoi le Temple futur différera du Premier et du Second. Ce n’est pas une chose insignifiante. Accorde-y toute ton attention et n’épargne aucun effort pour suivre. Il y a certains points essentiels que tu dois d’abord saisir. »

La clé réside dans le tout premier mot de la Torah :

« Au commencement (Bereishit) Dieu créa les cieux et la terre. » Bereshit 1:1

Les sages ont enseigné que la lettre Beit de Bereishit, dont la valeur numérique est deux, suggère deux commencements. Comprendre cette structure à double commencement est essentiel pour saisir tout le processus de rectification dans l’univers.

Lorsque le Créateur, béni soit-Il, voulut faire exister l’univers, Il disposa les lumières à leurs places appropriées, posta les gardiens et structura les vastes ordres de la création selon Sa sagesse.

Cette Sagesse (Hokhmah), le Youd du Nom divin, est le principe manifeste d’où toutes les lumières et tous les êtres créés tirent leur existence. Tout dépend de cette Sagesse. Toutes les forces spirituelles la considèrent comme la source ultime de subsistance et de puissance.

Pourtant au-dessus de cette Sagesse se trouve un commencement plus profond et plus caché : Keter, la Couronne. Elle est décrite dans Kohelet (Ecclésiaste) :

« Profond, profond : qui peut le découvrir ? » Ecclésiaste 7:24

Ce commencement caché est si exalté, si intensément saint, qu’il demeure complètement dissimulé au sein même de la Sagesse. Bien qu’invisible, il donne force et direction à toutes les opérations de la Sagesse. Tout ce que la Sagesse produit tire en fin de compte sa source de cette Couronne cachée.

« Rien de ce que la Sagesse accomplit dans ce monde n’existe indépendamment de cet autre commencement plus élevé, suggéré par la pointe du Youd. »

La pointe, qui représente Keter, n’est jamais séparée du Youd. Ils sont liés comme un seul. Toute la création est donc gouvernée par deux principes : la Sagesse (Hokhmah), qui est le commencement, et la Couronne (Keter), qui est le commencement du commencement. Tel est le secret suggéré dans le mot Bereishit : Beit-Reishit, deux commencements.

Mais pourquoi encoder les deux commencements dans un seul mot ? Parce que depuis le jour où le monde fut créé jusqu’à présent, la création n’a pas encore atteint sa perfection ultime. Tout dépend des actes de l’humanité. Si l’homme n’avait pas péché, le monde aurait été parfait dès le départ. Mais à cause du péché, le développement du monde fut arrêté au niveau de la Sagesse. Seul le commencement inférieur, Hokhmah, a jusqu’ici été révélé et actif dans la conduite de la création. Le commencement supérieur, Keter, est resté caché.

Dans l’avenir, cependant, cette Couronne cachée sera révélée dans toute sa puissance et sa gloire. Lorsque cela arrivera, toutes les lumières spirituelles s’élèveront à un niveau beaucoup plus élevé, d’où il n’y aura plus de déclin :

« Les lumières ne sont pas encore montées à ce niveau. Mais dans le temps à venir, elles y monteront. Et lorsqu’elles y monteront, une bonté accablante se répandra dans le monde. »

C’est la rectification ultime. Lorsque Keter sera manifesté et s’unira visiblement avec Hokhmah, les deux commencements agiront en harmonie, et la création atteindra son état éternel et parfait.

Sources citées Source principale

Rabbi Moché Haïm Luzzatto (Ramchal), Mishkeney Elyon (« Demeures du Très-Haut »). Toutes les citations directes du Ramchal dans cet article sont rendues en anglais à partir de l’original hébreu. Elles visent à préserver le sens et l’esprit des paroles du Ramchal dans une prose claire et lisible.

Versets bibliques

Psaumes 46:5

Psaumes 33:15

Bereshit 1:1

Kohelet 7:24

Sources talmudiques

Talmud Bavli, Taanit 5a

Sources kabbalistiques

Zohar (référencé pour la désignation de Yesod comme « la vie des mondes »)


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